Témoin du 11 septembre au Pentagone : Karen Kwiatkowski (USAF Lt. Col. Ret.)
Karen Kwiatkowski a vécu en direct, au cours de sa carrière militaire en tant qu’officier – par exemple à la NSA puis comme analyste au Pentagone – des évolutions décisives du côté des États-Unis. Après son départ en 2003, elle raconte aujourd’hui dans une interview exclusive avec Kla.TV ce qu’elle a vécu, ainsi que ce qu’elle a observé en tant que témoin oculaire des explosions du 11 septembre au Pentagone et leurs conséquences. Elle y analyse également les évolutions actuelles, alors que le monde commémore ces événements à l’occasion du 25e anniversaire du 11 septembre. Cette interview est un antidote à la propagande de guerre permanente avec laquelle le monde est aujourd’hui poussé vers la troisième guerre mondiale.
[Kla.TV:] J’ai aujourd’hui l’honneur d’accueillir la courageuse lanceuse d’alerte de l’armée de l’air américaine, le lieutenant-colonel à la retraite Karen Kwiatkowski.
Bonjour, Karen. Merci beaucoup d’être parmi nous aujourd’hui.
[Karen Kwiatkowski :] Merci beaucoup pour cette invitation.
[Kla.TV:] Eh bien, je viens tout juste de vous découvrir, mieux vaut tard que jamais, mais je suis encore jeune, je n’étais donc pas encore là lorsque vous avez quitté le Pentagone et l’armée de l’air américaine et que vous avez raconté votre histoire. Mais je tenais absolument à savoir ce qui s’était passé à l’époque et ce dont vous avez été témoin au Pentagone et tout au long de votre carrière de lieutenant-colonel dans l’armée de l’air. Pourriez-vous peut-être commencer par donner à nos téléspectateurs un aperçu des postes que vous avez occupés au sein de l’armée de l’air américaine et au Pentagone ? Peut-être un petit aperçu chronologique de ce qui s’est passé à l’époque ?
[Karen Kwiatkowski :] Oui, eh bien, j’ai été nommée officier en 1982. Cela semble remonter à bien longtemps déjà, et les dix premières années de ma carrière, qui en compte vingt, se sont déroulées pendant la Guerre froide. Pour moi, en tant que membre de l’armée, l’objectif pendant la Guerre froide était de lutter contre le communisme. C’était notre mission, et je ne me suis pas vraiment posé de questions à ce sujet. Je n’aimais pas le communisme, donc ça avait du sens, et on faisait vraiment tous partie de la même équipe. Et je n’avais d’autre souci que d’essayer simplement de faire mon travail. Puis, dix ans plus tard, en 1991, l’Union soviétique s’est effondrée. Ainsi, les détracteurs de la Guerre froide affirmaient que les États-Unis avaient conduit l’Union soviétique à la ruine : ils lui auraient fait concurrence sur le plan militaire, et c’est ce qui en aurait été la cause. Mais à l’époque, je m’intéressais aux questions relatives à l’Europe de l’Est, aux affaires gouvernementales ainsi qu’à la politique étrangère. C’est pourquoi j’ai pu avoir une vision plus globale de ce qui avait réellement conduit à l’effondrement de l’Union soviétique, puisque je partais d’une perspective libertaire et favorable à l’économie de marché. À bien des égards, elle s’est effondrée de l’intérieur. Et je me suis dit : « Bon, quelle qu’en soit la raison, l’Union soviétique n’existe plus. » L’OTAN devrait donc revenir à ce qu’elle était autrefois, c’est-à-dire ce qui n’était pas l’OTAN – pas l’OTAN – et les États-Unis devraient se réformer. Je m’attendais à voir un changement vraiment majeur dans notre posture militaire, dans notre stratégie de défense mondiale, qui, auparavant, pendant la Guerre froide, était orientée contre l’Union soviétique. Tout cela était désormais derrière eux, et rien ne changeait. J’ai été très surprise de constater qu’au lieu de mettre fin à la guerre, au lieu de dissoudre l’OTAN et de rendre cet argent à ces pays pour relancer leur économie ou quoi qu’ils aient voulu en faire, ce que nous avons constaté, c’est une expansion de l’OTAN. Elle a tenté de poursuivre son expansion. Nous avons connu la guerre en Yougoslavie, qui a été attisée par l’OTAN et les États-Unis. Puis, en 1991, nous avons également assisté à une recrudescence des conflits, notamment la première guerre en Irak menée par les États-Unis. Eh bien, je pense qu’ils l’ont fait avec le soutien de l’ONU et de l’OTAN.
[Kla.TV:] Exactement.
[Karen Kwiatkowski :] Mais en fait, ce sont là des manœuvres orchestrées par les gouvernements occidentaux, apparemment pour remplacer cette situation d’être sur le pied de guerre qui s’était effondrée de manière inattendue. Et c’est vrai, les néoconservateurs ne s’attendaient pas à cet effondrement en 1991. Ils voulaient plutôt une guerre ouverte, une sorte de bataille au cours de laquelle nous aurions conquis la Russie, ou quelque chose de ce genre.
[Kla.TV :] C’est vrai ? Waouh.
[Karen Kwiatkowski :] Je pense, en effet. Et ils l’avaient prévu, mais ils n’ont pas pu le mettre en œuvre. Et voilà qu’il nous manquait désormais une justification pour ce déploiement militaire mondial – et bien sûr aussi pour le budget. Nous – les États-Unis – avons toujours disposé d’un budget militaire colossal par rapport à d’autres pays, voire à des groupes de pays tels que l’OTAN.
Ça m’a surprise. Et comme ça m’a choquée – ça ne correspondait pas à mes attentes –, je me suis demandé : qu’est-ce qui cloche dans mes attentes ? Pourquoi devrais-je penser cela, alors que le système lui-même ne le pensait pas ?
Et c’est là que j’ai compris que la Guerre froide n’était qu’une construction utile. Et dès qu’elle aurait pris fin, nous aurions trouvé un autre dispositif utile pour poursuivre cet impérialisme massif, ce qui, à mon avis, est vraiment la description la plus juste de l’Amérique du XXe siècle après la Seconde Guerre mondiale.
C’était un projet impérialiste mondial qui perdure encore aujourd’hui, mais qui est en train d’échouer, ce qui, à mon avis, est formidable.
Ça m’a ouvert les yeux, et c’est ainsi que j’ai commencé à travailler dans le domaine des communications électroniques. C’est ce que j’ai fait pendant 15 ans et j’ai occupé ce poste au sein de la NSA.
Oui, de 1995 à 1998, j’ai travaillé à la NSA, les services de renseignement extérieurs des États-Unis.
[Kla.TV :] Oh wow.
[Karen Kwiatkowski :] Et finalement, j’y ai effectivement occupé différents postes. Et, curieusement, je me suis finalement retrouvée rédactrice de discours pour le directeur de la NSA. C’était très intéressant, car ça permettait d’avoir un certain aperçu des choses.
[Kla.TV:] Intéressant.
[Karen Kwiatkowski :] Oui ! C’était intéressant et très instructif. De là, j’ai rejoint le Pentagone. J’ai travaillé pendant quelques années à l’état-major de l’armée de l’air.
[Kla.TV :] Puis-je aborder brièvement la question de la NSA ?
[Karen Kwiatkowski :] Oui.
[Kla.TV :] Je veux dire, cette NSA… Pour moi qui écoute ça avec mes oreilles presque encore jeunes : Je n’ai entendu parler que des révélations de Snowden et du scandale de la NSA, dans lequel tout le monde était espionné.
Était-ce déjà le cas à l’époque où vous travailliez à la NSA ?
Je veux dire, qu’est-ce que la NSA a fait au juste ?
[Karen Kwiatkowski :] Eh bien, elle a fait beaucoup de choses – beaucoup de choses dont elle n’aimait pas parler. Ce qui m’a frappée pendant que je travaillais à la NSA – c’était donc à la fin des années 1990 –, c’est que nous intégrions soigneusement des « portes dérobées » dans tous les logiciels commerciaux. Bon, je ne dévoile pas de secret ici, car tout le monde le sait déjà, n’est-ce pas ? Mais nous étions très intéressés par les « portes dérobées », par l’accès à celles-ci, par la collaboration avec Microsoft et toutes ces entreprises. Et à l’époque, Apple ne se montrait pas très coopératif. Aujourd’hui, après bien des années, Apple se montre bien sûr très coopératif. Avant, les gens disaient : « Oh, on ne peut pas localiser un iPhone. » Mais si, c’est tout à fait possible. C’était le grand projet de la NSA à la fin des années 90. Ce que j’ai également trouvé très intéressant, c’est que l’une des crises qui préoccupaient la NSA dans le domaine des communications était le manque de bande passante. À l’époque, oui, aujourd’hui on n’y pense plus, mais à la fin des années 90, on pensait que la bande passante allait venir à manquer.
Et – comme il s’agit du gouvernement, qui n’est pas particulièrement innovant – ils n’ont bien sûr pas anticipé la compression des données, l’efficacité du traitement des données, ni les améliorations de la bande passante existante et toutes les évolutions futures – c’est-à-dire tout ce qui est apparu après les années 90. La bande passante ne leur pose donc plus de problème aujourd’hui. Il s’agit maintenant de la capacité de traitement des données. L’IA est la nouvelle crise. Mais quelles données son IA traite-t-elle ? S’agit-il de données mondiales ? Bien sûr. Mais ces données jouent également contre nous, les Américains, car lorsqu’un empire s’effondre, les personnes qui restent prisonnières de cet empire deviennent le nouvel ennemi – et il s’agit là des propres citoyens de ce pays. Nous en sommes conscients, mais je ne travaille pas actuellement à la NSA ; je suis toutefois certaine qu’ils s’y intéressent de très près. En effet, je sais que la NSA s’intéresse aux centres d’IA et au traitement des données. Et nous le savons, car les bases militaires sont désormais considérées comme des sites potentiels pour l’implantation de petits centres de données. Et même ce que Trump appelle… sa nouvelle aile est de la Maison Blanche, qu’il a fait démolir et dans laquelle il va aménager une salle de bal.
Sous la salle de bal se trouveront un centre militaire ainsi qu’un centre de données. Il sera raccordé au réseau, mais probablement autonome, avec sa propre alimentation en énergie, très certainement grâce à sa propre petite centrale nucléaire.
[Kla.TV:] Oh, c’est intéressant.
[Karen Kwiatkowski :] Quoi qu’il en soit, voilà le nouveau problème. Mais dans les années 90, tout tournait autour de la bande passante.
Et dans les années 90, la NSA n’appréciait pas du tout le chiffrement. Ils n’appréciaient pas que d’autres personnes utilisent des systèmes de chiffrement tels que PGP [PGP = un logiciel de chiffrement de données] et les premières méthodes de chiffrement développées en dehors du cadre gouvernemental. Ça ne leur a pas plu du tout, mais je crois que depuis, ils s’en sont approprié la majeure partie.
On en parle aujourd’hui – on l’a vu récemment aux informations : Hegseth, tout juste nommé à la tête du ministère de la Guerre, utilise « Signal » pour communiquer avec ses proches. Et on se dit alors : « Oh, “Signal” est sûr ». Eh bien, « Signal » n’est pas sûr ! Souvenez-vous de ce que Snowden nous a révélé à ce sujet et de ce dont il continue de parler. Quoi qu’il en soit, c’est le gouvernement, c’est l’État, et il est paranoïaque. Et celui-ci se trompe la plupart du temps dans ses suppositions sur ce qui va se passer. Par exemple il s’est trompé sur la date de l’effondrement de l’Union soviétique.
[Kla.TV:] Oui.
[Karen Kwiatkowski :] Et à Washington et au Pentagone, quand cela s’est produit, nous avons bien sûr rapidement réorienté notre machine de guerre mondiale existante afin de trouver de nouvelles guerres qui s’inscrivent dans la durée. Et cela n’a pas changé en 30 ans, car nous avons bien vu comment le retrait d’Afghanistan a directement débouché sur la guerre en Ukraine. Une fois que la situation en Ukraine s’est un peu calmée, nous avons constaté une recrudescence des tensions au Proche-Orient et en Iran. Et puis il y a le Venezuela. On ne cesse de créer artificiellement des théâtres d’opérations et des justifications pour ces dépenses. Rien n’a changé à cet égard, ce qui me déçoit. Parce que je pensais qu’après 2003, et après avoir très vite compris que l’invasion de l’Irak reposait sur des mensonges et qu’elle était à tous égards inutile et injustifiée… Les gens s’en sont rendu compte en l’espace de quelques années. Certains savaient bien sûr dès le début que tout cela n’était qu’une tromperie. …
Je pensais que les gens s’y opposeraient ! Mais nous, le peuple américain, semblons incapables d’atteindre notre gouvernement et de l’influencer de manière à ce qu’il agisse comme la plupart des gens estiment qu’il devrait le faire.
Je sais, je m’égare, mais je voudrais juste dire rapidement une chose : Tous les présidents des États-Unis, y compris ceux qui ont été élus avant JFK, ont été élus sur la base d’un programme de paix. C’était toujours le candidat le plus « opposé à la guerre » par rapport à son adversaire. Et le plus pacifique par rapport à son adversaire. Et les Américains ont gobé ce discours – encore et encore et encore – et vous savez quoi ? On parle de Trump. Trump est clairement la caricature d’un président fou, d’un empereur, n’est-ce pas ? Nous le savons. Il le prouve chaque jour. Mais il a bénéficié d’un grand soutien. Et son soutien reposait sur un programme électoral qu’il a abandonné dès le premier jour. Il a refusé. Et ce programme portait sur la responsabilisation du gouvernement, l’opposition à la guerre, le retrait des troupes, la fin de l’empire et le renforcement des infrastructures des États-Unis, qui ont indéniablement besoin d’être améliorées. Voilà ce pour quoi les électeurs se sont rendus aux urnes. Ils ne l’ont pas obtenu. Mais les responsables politiques savent très bien ce que veulent les Américains. Nous voulons toujours ces choses-là. Bon, mais comment on va s’y prendre pour les obtenir, c’est une toute autre histoire. Nous ne le savons pas – je ne sais pas comment ça va se passer, mais peu importe.
[Kla.TV:] Eh bien, merci pour cette petite digression. C’était très intéressant. Vous avez arrêté au moment où vous veniez d’intégrer le Pentagone, et peut-être aimeriez-vous reprendre le fil de vos réflexions à ce stade ?
[Karen Kwiatkowski :] Oui, exactement.
Pour faire court : J’ai donc travaillé au sein du service de planification du ministère de la Défense. À l’origine, j’étais chargée des questions politiques relatives à l’Afrique subsaharienne. Et dans ce cas précis, cela ne fait aucun doute lorsque nous parlons d’impérialisme. Ce que nous faisons en Afrique et en Amérique s’apparente fortement à un néo-impérialisme et est d’ailleurs mené comme tel. Mais c’était justement mon travail. Nous avons également rédigé des documents stratégiques et formulé des recommandations, et mené des recherches pour les décideurs politiques de l’OSD [Cabinet du secrétaire de la Défense], au sein du Bureau du ministre de la Défense. J’ai ensuite été mutée de l’Afrique subsaharienne au département chargé du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud. Et voilà notre Moyen-Orient : du Pakistan à l’Iran, en passant par le Maroc, c’est-à-dire la région de l’Afrique du Nord. J’étais en charge de l’Afrique du Nord, mais je collaborais avec différents chargés de mission responsables de différentes régions, comme l’Égypte, etc. mais Israël, l’Iran, tout ce qui concernait la Palestine et le Liban… Tous ces gens avaient été nommés pour des raisons politiques. Ces intervenants, ces personnes, parmi lesquelles figuraient également quelques civils qui, selon le Pentagone, participaient à l’élaboration des politiques – pour ces quatre pays précis, tous avaient été nommés pour des raisons politiques et étaient tous sionistes. C’étaient tous des sionistes. Je dis « sionistes », mais à l’époque, nous ne voyions pas les choses ainsi.
Sur le plan politique, ils étaient néoconservateurs et avaient pour la plupart été triés sur le volet par Dick Cheney ou provenaient de son propre entourage.
Ils voulaient donc la guerre, ils voulaient la guerre au Proche-Orient, ils voulaient la guerre pour Israël – Israël avait un plan pour la région. Avec des aspirations régionales incluant la destruction, la déstabilisation, et le chaos chez ses voisins arabes. Cela n’était absolument pas mis en question. C’était accepté, c’est ainsi qu’ils procédaient, c’est ainsi que nous prenions nos décisions. C’est ainsi qu’Israël a été soutenu… pratiquement exclusivement.
Et bien sûr, c’était après le 11 septembre que j’ai été mutée là-bas en 2002. Le 11 septembre avait donc eu lieu l’automne précédent, et j’ai rejoint le département du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud environ huit mois plus tard. Eh bien, nous sommes entrés très rapidement en guerre contre l’Afghanistan… en décembre ou fin novembre 2001. Et cela ne tenait pas à l’origine des prétendus pirates de l’air, car la plupart étaient des Saoudiens, qui sont des alliés importants ; les autres étaient des Tunisiens et des Égyptiens, qui sont également des alliés des États-Unis, mais parce que Ben Laden était derrière tout cela, c’est ce que nous disions. Et il a été protégé ou hébergé par les talibans. Mais en réalité, nous étions en bons termes avec les talibans jusqu’à l’été 2001 environ.
Avant le 11 septembre, nous travaillions avec l’Afghanistan à la construction d’un gazoduc traversant ce pays. Et l’un des principaux problèmes était que… enfin, il y en a probablement deux.
L’un des problèmes était qu’ils ne pouvaient pas, ou ne voulaient pas, nous fournir ce que nous, les Américains, attendions et dont nous avions besoin. Ils n’ont pas voulu sécuriser le tracé du pipeline que nous avions demandé. D’accord. C’est donc un problème. L’autre problème était le suivant : En juin 2001, Colin Powell a remis une importante récompense de plusieurs millions de dollars et organisé une grande cérémonie à Washington, au cours de laquelle les talibans ont été honorés et récompensés pour avoir mis fin au trafic d’opium en Afghanistan, ce qui leur avait pris plusieurs années. Car rappelons-nous : les talibans sont très stricts en matière de drogue ; c’est pourquoi ça ne leur plaisait pas. Mais ça n’arrangeait bien sûr pas la CIA, car celle-ci se livre depuis longtemps déjà au trafic de drogue à l’échelle mondiale. Et cette source d’opium en Afghanistan constituait une source de revenus pour des personnes qui travaillaient au sein du gouvernement américain et collaboraient avec lui, ainsi que, je suppose, pour certains gouvernements européens.
De toute évidence, l’argent de la drogue représente un marché juteux. Ils y ont mis un terme et, en contrepartie, n’ont pas vraiment permis aux États-Unis de faire avancer la construction de l’oléoduc, le projet d’oléoduc trans-Afghanistan, qui aurait constitué une source de revenus supplémentaire d’un point de vue néo-impérialiste. Et voilà comment nous voyions l’Afghanistan. Après le 11 septembre, l’Afghanistan était donc une cible. Une sorte d’histoire inventée de toutes pièces, car, comme vous le savez, Ben Laden n’a jamais admis en être à l’origine. Je crois qu’il s’en est réjoui. Mais je pense qu’il existe de nombreux éléments prouvant que Ben Laden n’avait que très peu à voir avec les attentats du 11 septembre. Mais ça, c’est une autre histoire.
Quoi qu’il en soit, après les attentats du 11 septembre, nous sommes donc entrés en guerre contre l’Afghanistan. La population américaine réclamait haut et fort la guerre, elle était en proie à la peur. De plus, il est bien établi que le ministre de la Défense Rumsfeld a déclaré, l’après-midi même du 11 septembre, le jour même des événements : « Ça doit être l’Irak », car c’est là-bas qu’ils voulaient faire la guerre. « Alors, rassemblez tout ce que vous pouvez trouver sur l’Irak. Je me fiche de savoir d’où ça vient. Peu m’importe que ce soit bien ou mal. Rassemblez-le. Voyons voir si on peut mettre ça sur le dos de l’Irak. » Il n’a certes pas utilisé explicitement le terme « mettre sur le dos », mais il a laissé entendre que cela devait avoir un rapport avec l’Irak. J’ai besoin d’une preuve. Allez donc me trouver la preuve que ça a un rapport avec l’Irak.
Et bien sûr, les services secrets ont essayé, mais ils n’y sont pas parvenus, car ça n’avait rien à voir avec l’Irak.
Cela relevait davantage des intérêts wahhabites ou du Mossad que des intérêts irakiens. Il faut bien sûr garder à l’esprit qu’à cette époque, c’était encore Saddam Hussein qui tenait les rênes du pouvoir. C’était un marxiste du Baas qui dirigeait une société laïque, et l’un de ses plus grands ennemis – ainsi que l’une des personnes qui le haïssaient autant que George Bush et Dick Cheney – était Oussama ben Laden, car il avait profané et laïcisé l’Irak.
Après le 11 septembre, ils ont alors tenté de faire porter le chapeau à l’Irak. Ça n’a pas marché. Il n’y avait pas suffisamment d’éléments de preuve. Nous sommes entrés en guerre contre l’Afghanistan. Entre-temps, un plan avait été élaboré pour faire porter le chapeau à l’Irak et déclencher cette guerre contre l’Irak à laquelle Israël et les néoconservateurs de Washington aspiraient tant – ils ont inventé cette histoire de toutes pièces. À cette époque, je travaillais chez NeSA (Proche-Orient, Asie du sud), et j’avais alors accès à des informations confidentielles des services de renseignement qui étaient intégrées dans nos textes, notre travail et nos rapports, que nous transmettions à la hiérarchie – nos documents stratégiques. Et puis, le lendemain ou quelques jours plus tard, j’ai feuilleté le journal et j’ai vu sur la Une de nouvelles informations provenant des services secrets, que j’avais auparavant considérées comme confidentielles. Dans le « New York Times », le « Washington Post », et notamment dans le « Times » avec les articles de Judith Miller. « Attends un peu », me suis-je dit – j’étais tout aussi perplexe qu’à l’époque où la guerre froide avait pris fin. En général, quand des informations confidentielles apparaissent en temps réel dans le journal, c’est qu’il y a une fuite, non ? Il y a donc un informateur issu de nos propres rangs.
[Kla.TV:] Exactement.
[Karen Kwiatkowski :] Et de temps à autre, à l’automne et à l’hiver 2002, Rumsfeld tenait des propos du genre : « Oh, ça n’aurait pas dû fuiter. » Mais il n’y a jamais eu d’enquête. Aucune mesure n’a jamais été prise pour traquer les fuites d’informations. Les fuites d’informations leur étaient indifférentes. C’était la politique du gouvernement de publier des extraits d’informations provenant des services de renseignement – et non l’intégralité des informations traitées.
[Kla.TV:] Dans ce contexte. Oui.
[Karen Kwiatkowski :] Mais des fragments, très souvent sortis de leur contexte. Très souvent. Et c’est exactement ce que j’ai pu observer, tout comme d’autres au sein du système : Nous avons vu comment des informations erronées provenant des services de renseignement nous ont été présentées, puis corrigées au Pentagone : « Oh, attendez un peu, ce n’est pas vrai, supprimez ça, ça a été réfuté. » Il y a un mois encore, nous pensions que c’était la bonne décision. Cette théorie a désormais été réfutée. Nous avons constaté que ces informations erronées, pourtant réfutées, continuaient d’apparaître dans les journaux et d’être reprises dans les débats, voire dans les discours du président, du vice-président et du ministre des Affaires étrangères, à ce niveau-là. Ce que nous avions donc,
c’était Condoleezza Rice, n’est-ce pas, la conseillère à la sécurité nationale de l’époque, qui tenait des propos dont nous savions qu’ils étaient faux, car nous avions accès aux véritables informations des services de renseignement, mais il s’agissait de bribes d’informations qui avaient été stratégiquement divulguées pour semer la peur dans le pays, pour pousser le Congrès à soutenir une guerre, pour pousser la communauté internationale, l’ONU, à soutenir cette guerre.
[Kla.TV :] S’agissait-il donc d’une sorte de propagande ciblée ?
[Karen Kwiatkowski :] Oui, il s’agissait d’une propagande ciblée aux dépens des services de sécurité financés par les contribuables, de l’appareil de sécurité du Pentagone financé par les contribuables.
Vous savez, nos agents des services secrets sont payés pour dire la vérité, analyser toutes les informations et transmettre leur meilleure évaluation à leurs supérieurs. Cette évaluation, considérée comme la plus fiable, était la suivante : l’Irak n’était pas impliqué dans les attentats du 11 septembre et ne disposait pas d’armes de destruction massive. L’Irak est, au fond, un pays qui doit faire face à d’énormes difficultés. Il ne représente tout simplement aucune menace pour les États-Unis.
Ce sont là les véritables informations des services secrets, mais cela n’aurait pas suffi pour faire accepter une guerre. Ils ont donc dû laisser fuiter et diffuser des informations – et quand je dis « laisser fuiter », ce n’était pas vraiment une fuite. Ce n’est pas une fuite que d’appeler son meilleur ami au « New York Times » et de lui fournir des documents.
[Kla.TV:] Exactement.
[Karen Kwiatkowski :] En principe, on peut aller en prison pour ça, mais cette personne n’y est pas allée… parce que c’est eux qui menaient la danse. Les néoconservateurs contrôlaient le gouvernement. D’une certaine manière, on a appliqué deux poids, deux mesures. Comme c’étaient eux qui menaient la danse, ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient, et c’est exactement ce qu’ils ont fait. En ce qui concerne la mobilisation de l’opinion en faveur de la guerre, ils s’en sont très bien sortis, et j’ai pu m’en rendre compte grâce à ma position, à mon travail et aux personnes que je connaissais là-bas. Et d’autres l’ont vu aussi, pas seulement moi. Et des personnes occupant des postes plus élevés que moi ont cherché à savoir ce qui se passait, mais on les a fait taire. On les a fait taire. « Non, ce n’est pas un sujet dont vous devez vous inquiéter. »
« Taisez-vous. On va faire comme ça… »
Et bien sûr, pas de cette façon-là. Ils l’ont formulé de manière beaucoup plus diplomatique, et bon nombre de ces personnes ont été mises à l’écart – les personnes qui posaient des questions. Je veux dire, juste un tout petit exemple :
Chaque département de l’OSD, le bureau du ministre de la Défense ; chaque département régional, tel que le Moyen-Orient, l’Asie du Sud, l’Afrique subsaharienne, l’Europe ou l’Asie, dispose d’un haut responsable du service de renseignement de la Défense spécialement chargé de ces questions et affecté à son département. Et ces personnes occupent des postes assez élevés. Ils viennent bien sûr accompagnés d’une importante équipe des services de renseignement de la Défense et se chargent des missions de renseignement. Bon, au sein du département du Proche-Orient et de l’Asie du Sud, le responsable du renseignement a continué à faire son travail, et il n’arrêtait pas de leur dire : « Je ne peux pas inventer quoi que ce soit pour que vous puissiez vendre votre histoire.» « C’est la vérité. Soit vous l’acceptez tel quel, soit vous partez. C’est la réalité. » Et il a été licencié. Ils l’ont licencié. Ils l’ont viré.
[Kla.TV:] Waouh.
[Karen Kwiatkowski :] Et tous ceux qui étaient sous ses ordres et qui sont restés (mais tous ne sont pas restés) ceux qui sont restés l’ont très bien compris : votre mission consiste à fournir la propagande ou les informations que nous utilisons pour faire de la propagande et influencer l’opinion du Congrès et du public au sujet d’une guerre qui, bien sûr, n’a jamais été nécessaire, qui a toujours été injustifiée et qui reposait sur des mensonges. C’est donc ce dont j’ai été témoin. J’en étais à ma 20e ou 19e année de service. J’avais presque atteint mes 20 ans là-bas. J’ai donc déposé ma demande de départ à la retraite. Et j’ai commencé à m’entretenir avec des journalistes – pas de manière anonyme, mais à l’époque, ils traitaient ces informations comme si elles étaient anonymes, en particulier Knight Ridder ; et l’agence de presse Knight Ridder était alors un acteur important – pas un grand journal, mais un acteur important qui regroupait de nombreux journaux régionaux. J’ai un peu travaillé avec eux, ils m’ont posé des questions et je leur ai dit la vérité. Et ils s’en sont servis. Je ne leur ai pas transmis d’informations confidentielles. Je n’étais qu’un témoin et je leur ai rapporté ce que j’avais observé, mais ils disposaient également d’autres sources. Cette histoire a donc pu être confirmée assez facilement. Mais malheureusement, ce n’était pas à temps, pas assez tôt pour empêcher Colin Powell, alors ministre des Affaires étrangères, de se présenter devant l’ONU et de prononcer le discours dans lequel il justifiait la guerre contre l’Irak. Avec ce seul discours, il a probablement mis fin à 20 ou 30 ans d’une brillante carrière. Il s’est lui-même rabaissé et avili par ses mensonges, par des mensonges délibérés. Et il le savait, et je le savais ; malheureusement il savait qu’il mentait, et les gens autour de lui savaient qu’il mentait. Aussi simple que cela. Mais le système de Washington a obtenu sa guerre.
[Kla.TV :] C’est dingue.
[Karen Kwiatkowski :] Ils ont eu leur guerre. Et j’étais, je crois, en quelque sorte une lanceuse d’alerte, même si je n’étais pas particulièrement importante. Je veux dire, ce n’est rien comparé à… enfin, aux personnes que je respecte, comme Edward Snowden. Quoi qu’il en soit, oui, c’était mon rôle dans cette affaire, ce qui explique pourquoi j’ai été un peu mise sous les feux de la rampe à l’époque, à titre individuel.
[Kla.TV:]
C’est génial que vous ayez fait ça ! Alors, c’était quand exactement ? C’était en 2003 que vous avez rendu votre histoire publique ?
[Karen Kwiatkowski :] 2002, 2002, puis début 2003.
Et en mars 2003, nous sommes entrés en guerre là-bas. À ce moment-là, j’étais en fait déjà… quand la guerre a éclaté, j’étais pour ainsi dire dispensé de service. J’étais sur le point de quitter le Pentagone.
[Kla.TV:] D’accord. Et vous avez donc dit que Rumsfeld essayait d’entraîner l’Irak dans le conflit. Depuis ce jour-là, depuis le 11 septembre – en fait.
[Karen Kwiatkowski :] À partir de ce jour-là, dès l’après-midi, car bien sûr, le 11 septembre a été un événement majeur, n’est-ce pas ? Un événement bouleversant et choquant. Et le Pentagone lui-même a été attaqué, ce qui est vraiment, pour être honnête, sans précédent.
C’était sans précédent et donc – un événement majeur – et il voulait aller au fond des choses. Mais il voulait faire croire que la cause se trouvait en Irak, ce qui est intéressant. Vous savez, il avait en quelque sorte déjà pris sa décision. Et finalement, il a bien sûr eu cette guerre. Lui et Cheney, avec qui il travaillait main dans la main, voulaient cette guerre en Irak. Certains disent que c’est à cause d’Israël, d’autres disent que c’est à cause du pétrole – vous savez, l’intégralité des recettes issues de la vente du pétrole irakien est versée, encore aujourd’hui, à la Réserve fédérale de New York, d’où elles sont ensuite distribuées au gouvernement irakien. Soit 25 ans après le 11 septembre, 23 ans après notre invasion de l’Irak et la conclusion d’un accord de vente « en dollars uniquement » pour chaque goutte de pétrole irakien exportée hors du pays. 23 ans plus tard, cet argent, le produit de ces ventes, est versé à la Banque fédérale de réserve de New York, pour être ensuite redistribué. Et la manière dont nous le transmettons à l’Irak va vous choquer, je crois. Je veux dire, ça m’a choquée quand j’ai appris ça. En fait, nous l’empilons sous forme d’argent liquide sur des palettes et nous l’acheminons par avion là-bas une fois par mois.
[Kla.TV :] Vraiment ?
[Karen Kwiatkowski :] Oui ! Et ça fait déjà 23 ans qu’on fait ça. C’est ainsi que nous avons acheminé des dollars vers l’Afghanistan pendant 20 ans. C’était tout à fait clair. Mais quand on fait ça avec de l’argent liquide… enfin, c’est un peu le genre de comportement qu’on attribue à la mafia ou aux barons de la drogue, vous voyez, des liasses entières de billets. Cela permet donc de contrôler le gouvernement.
[Kla.TV:] Oui.
[Karen Kwiatkowski :] Ça favorise la corruption au sein du gouvernement. Ça ne profite certainement jamais, de manière significative, ni à la population ni aux infrastructures.
[Kla.TV:] À la population.
[Karen Kwiatkowski :] Oui. Je veux dire, c’est de la corruption. C’est corrompu dès le premier jour, mais c’est quand même comme ça qu’on procède. Et, vous savez, il y a quelques mois, le Parlement irakien devait élire son nouveau Premier ministre. Et ils voulaient qu’Al-Maliki soit l’homme de la situation, car il avait déjà occupé ce poste et ils l’appréciaient. Mais pour Washington, il est trop pro-iranien. Nous avons donc suspendu les livraisons d’espèces pendant deux ou trois mois.
[Kla.TV:] Waouh
[Karen Kwiatkowski :] Et nous les avons forcés à voter pour Al-Zaidi, ce qui n’est pas grave. Je veux dire, Al-Zaidi, il va bien s’en sortir. Il appartient au même parti. Mais il était considéré comme conciliant et utile aux États-Unis. Nous avons donc utilisé les recettes d’exportation irakiennes, c’est-à-dire les recettes issues de l’exportation de pétrole, que nous contrôlons entièrement. Et nous les avons retenues. Nous les avons retenues jusqu’à ce qu’ils se plient à la volonté des États-Unis, qui souhaitaient choisir leur président. D’accord, c’est comme ça qu’on travaille.
[Kla.TV:] Un otage des États-Unis.
[Karen Kwiatkowski :] Je ne me serais jamais attendue à ce qu’on procède ainsi, mais c’est comme ça. Et c’est ainsi que nous procédons depuis des années, voire des décennies.
[Kla.TV :] C’est vraiment dingue, ce que vous venez de dire. Ça signifie que l’Irak est, à ce jour, l’otage des États-Unis.
[Karen Kwiatkowski :] C’est bien ça. Jusqu’à aujourd’hui. Eh bien, dans l’idéal, ça va changer. Je veux dire par là que la guerre contre l’Iran a mis l’armée américaine à rude épreuve. Et nous retirons nos bases. Nous réduisons notre présence. Je crois que l’armée a enfin – si ce n’est déjà fait, elle le fera bientôt en septembre – enfin retiré les derniers de nos soldats d’Irak. Mais vous savez, les accords financiers restent en vigueur. Ils resteront en place même sans la présence de nos forces armées sur place. Les accords financiers restent en vigueur. Il sera donc intéressant de voir si les Irakiens parviendront à reprendre le contrôle de leurs revenus pétroliers, ce qu’ils devraient d’ailleurs faire.
[Kla.TV:] Exactement.
[Karen Kwiatkowski :] L’une des mesures prises par Saddam Hussein qui a véritablement mis Washington hors de lui a eu lieu avant le 11 septembre. Cela s’est passé en décembre, avant le 11 septembre, c’est-à-dire en 2000. Et ce que Saddam Hussein avait fait ressemblait beaucoup à ce qu’avait fait Kadhafi. Il a déclaré : « Je ne vendrai plus le pétrole de mon pays contre des pétrodollars. Je vais le vendre contre de l’or. Je vais le vendre contre d’autres devises, mais je ne facturerai pas mes exportations en pétrodollars. »
Et c’est précisément ce qui a définitivement fait de Saddam Hussein une cible. Non seulement Israël semblait manifestement désireux de renverser le gouvernement du Baas de ce pays, mais… C’est une affaire compliquée. Mais quand on y repense, on se rend compte que
le gouvernement, notre gouvernement à Washington, prend une décision concernant ce qu’il souhaite faire. Et puis il invente une histoire qu’il fait gober à la population afin de s’assurer son soutien pour une cause quelconque. On présente quelque chose de complètement différent, sorti de tout contexte, afin de donner une image morale de la guerre.
« Nous devons mettre un terme à leurs armes de destruction massive. L’Irak avait un lien avec le 11 septembre », ce qui était bien sûr un mensonge éhonté. Voici comment nous procédons.
[Kla.TV :] Vous venez de parler de Rumsfeld, de Bush et du gouvernement israélien. Mais selon vous, qui se trouvait au sommet de la chaîne de commandement, au-dessus d’eux ? Selon vous, y a-t-il un plan plus vaste ou quelque chose comme des forces supérieures qui tirent les ficelles ?
[Karen Kwiatkowski :] À l’époque du 11 septembre, je dirais que l’essentiel de notre collaboration avec Israël ne se déroulait pas au Pentagone, mais à la CIA. En effet, au fil des décennies, nous avons perdu nos capacités en matière de renseignement humain dans la région, car nous avons délégué cette tâche au Mossad – qui effectue d’ailleurs un excellent travail de renseignement dans la région. Vous savez, un Américain au Proche-Orient qui ne parle ni l’hébreu ni l’arabe – deux langues assez proches l’une de l’autre sur le plan linguistique – se fait tout de suite remarquer. C’est pourquoi, depuis de très nombreuses années, voire des décennies, la CIA a développé une relation de dépendance vis-à-vis du Mossad en matière de renseignement régional au Moyen-Orient. Et nous en tirons parti. Cette relation existe donc depuis des décennies, bien avant le 11 septembre, d’accord. Et elle n’a cessé d’évoluer.
L’une des anecdotes que je raconte… En 2004, après avoir quitté le Pentagone, j’ai écrit une série en trois parties pour l’« American Conservative ». Et je vais vous raconter une anecdote au sujet de quelques généraux israéliens impatients que nous avons dû accompagner chez Paul Wolfowitz, le vice-ministre de la Défense. Ça devait être en 2002. Et ils ont attendu, car ils avaient besoin de personnes supplémentaires pour les accompagner. Ça a pris un certain temps. Ils étaient très contrariés. Et dès qu’ils ont franchi le tourniquet du Pentagone, ils se sont pour ainsi dire précipités vers le bureau de Wolfowitz. Ils n’ont pas attendu que nous les accompagnions. Nous avons pratiquement dû courir pour suivre leur rythme. Ils savaient exactement où ils devaient aller. Et ils sont entrés dans le bureau de Wolfowitz. Ils sont passés juste devant le bureau de sa secrétaire, et sa porte était fermée ; ils ont ouvert la porte et ont essayé d’entrer, mais la secrétaire s’est levée d’un bond et a bloqué – a littéralement bloqué la porte de son corps, car il recevait un invité et ils étaient en train d’avoir une sorte de conversation privée. Ça ne leur a pas plu du tout, car je suppose que Wolfowitz travaillait pour eux. Je veux dire, c’est une conclusion qu’on pourrait tirer. Quoi qu’il en soit, ils devaient rester là, alors j’ai dit à la secrétaire : « Voici le registre des visiteurs ; ces messieurs doivent-ils y inscrire leur nom ? » Et la secrétaire a levé les bras au ciel et dit : « Non, non ! Non, non, ils n’ont pas besoin de s’inscrire. » Encore une dérogation pour les Israéliens, donc – une relation très étroite avec les hauts responsables du Pentagone en 2002.
Cela fait maintenant 25 ans ; à l’époque, il existait des liens étroits entre le Mossad et la CIA. À l’époque, son influence au Pentagone était assez importante. Aujourd’hui, c’est tout à fait différent. Aujourd’hui, avec la loi sur l’autorisation de la défense nationale 2027 (National Defense Authorization Act), ses sections 219, 224 et toutes ces différentes sections qui intègrent les FDI [FDI = Forces de défense israéliennes] dans l’armée américaine – c’est un gros problème ! La situation s’est aggravée, vous savez. Les Israéliens sont sans aucun doute un acteur influent, et je ne parle même pas de la corruption de notre Congrès, ce qui, je crois, n’est plus un secret pour personne sur cette planète.
[Kla.TV:] Exactement. Comme notre temps est presque écoulé, il faudra absolument que nous réalisions une autre interview un de ces jours. Mais je voudrais revenir là-dessus, à l’approche du 25e anniversaire du 11 septembre.
Étiez-vous réellement au Pentagone le jour du 11 septembre ?
[Karen Kwiatkowski :] Oui, nous y étions.
[Kla.TV :] Avez-vous été témoin du crash de l’avion, de l’attentat, de l’explosion ou de quoi que ce soit d’autre ?
[Karen Kwiatkowski :] Non, je n’ai pas assisté à l’impact de l’avion. J’ai vu – l’explosion qui a tout balayé – je me trouvais au quatrième étage d’un immeuble de cinq étages, et depuis nos bureaux, nous avions une vue plongeante sur le centre du Pentagone, en plein cœur du Pentagone.
[Kla.TV:] Oui.
[Karen Kwiatkowski :] Aucun avion ne s’est écrasé là. Mais nous pouvions voir, de l’autre côté, la face du Pentagone qui aurait été percutée par un avion. Le vol 77, je crois. Ce que nous avons vu ; ce que j’ai vu de là-bas, car bien sûr, nous avons tous regardé par la fenêtre, nous avons levé les yeux vers le ciel, car nous venions de voir sur CNN deux avions percuter les tours jumelles. Nous avons donc observé cela. Et nous avons levé les yeux vers le ciel en nous disant : « Attendez un peu, c’est très étrange. La première fois, c’était peut-être un accident. La deuxième fois, il s’agissait clairement d’un acte terroriste. » Et je pense que la plupart des personnes au Pentagone qui y ont prêté attention partageaient ce sentiment. Nous avons donc regardé dans cette direction, et j’ai ainsi pu voir, à travers l’intérieur du Pentagone, le côté où l’impact s’était produit ; ce que nous avons vu, c’était – certaines personnes ont ressenti une légère secousse, pas moi –, mais nous avons tous vu cette énorme boule de feu qui a traversé le bâtiment. Probablement… Nous ne savions pas ce que c’était, car nous n’avons pas vu heurter quoi que ce soit, mais ça a sans doute traversé cinq étages. Puis une boule de feu s’est propagée comme le ferait une explosion au contact de l’oxygène – il y a eu une énorme boule de feu ! Et bien sûr, nous ne savions pas d’où cela venait, car la première pensée qui vient à l’esprit est évidemment : « Bon, quelque chose est tombé sur le Pentagone. » Nous ne le savions pas. Mais il s’est avéré qu’il s’agissait de l’explosion provoquée par ce qu’on nous a présenté comme l’impact d’un avion de ligne au nez en aluminium. Je ne vais pas m’avancer sur la nature exacte de l’appareil — nous ne savons pas vraiment ce que c’était —, mais c’est ce qu’on nous a dit. Mais c’était une explosion assez importante. Et puis, bien sûr, les gens ont très vite commencé à évacuer les lieux. Notre système de sonorisation au Pentagone était épouvantable. Vous savez, il n’y avait pas de mesures d’urgence à proprement parler. Nous travaillions dans un lieu où nous disposions de salles à l’épreuve des écoutes, nous devions donc toujours les garder fermées.
Je faisais probablement partie des 10 % de personnes qui ont quitté le Pentagone en dernier. Et si je dis ça, c’est parce que le Pentagone était pratiquement vide quand j’ai quitté le bâtiment. D’accord, et je n’ai vu que très peu de gens marcher à côté de moi ou derrière moi. Les gens ont quitté le bâtiment assez rapidement, puis nous avons longé les berges de la rivière. J’ai quitté le bâtiment situé au bord du fleuve, c’est-à-dire du côté où tous les officiers de haut rang, ainsi que Rumsfeld et Wolfowitz, ont leurs bureaux avec vue sur le fleuve. Et c’est justement de cette direction que venait l’avion. Mais l’impact s’est bien sûr produit exactement du côté opposé à la rive.
Au lieu de s’écraser du côté de la rivière, ce qui aurait constitué une occasion vraiment exceptionnelle, l’avion a apparemment effectué un demi-tour tout à fait impossible et s’est écrasé exactement du côté opposé, aussi loin que possible de l’endroit où travaillaient tous ces généraux et responsables politiques. Quoi qu’il en soit, nous avons fait le tour du bâtiment. Nous avons quitté le bâtiment par le côté donnant sur la rivière, qui n’avait pas été touché. On nous a rassemblés et conduits à l’endroit d’où on pouvait voir le lieu de l’impact et une partie d’un bâtiment effondré. Et cette pelouse servait d’héliport ; c’est une très grande étendue plate de gazon. Vous avez vu les photos, elles ont été largement diffusées. Bon, on est resté là un moment. Les gens ne sont pas partis, ils sont restés sur place, et les militaires ainsi que tous les civils qui voulaient ont été invités à former des groupes de quatre pour porter les civières et participer aux opérations de secours.
[Kla.TV:] Oh oui.
[Karen Kwiatkowski :] Nous sommes donc allés dans la prairie et nous nous sommes regroupés pour attendre d’être répartis. Mais au bout de 15 ou 20 minutes environ, il est apparu clairement que personne ne sortirait de ce côté-là. Et c’est vrai, car les gens quittaient le bâtiment par le côté opposé. Puis on nous a laissés partir, et les gens ont encore un peu erré dans les environs, mais la plupart se sont simplement dirigés vers la gare, car le réseau de métro du Pentagone était manifestement hors service. Ce qui était étrange, cependant, c’est que lorsque nous sommes montés dans le métro à Springfield, au sud du Pentagone, celui-ci a traversé le Pentagone de part en part. Le réseau de métro n’était pas vraiment…
[Kla.TV :] … informé.
[Karen Kwiatkowski :] Non, il fonctionnait très bien. Mais c’est vraiment bizarre. Il y a tellement de choses. Quoi qu’il en soit…
[Kla.TV :] Mais avez-vous vu des débris de l’avion lorsque vous vous promeniez dans les environs ?
[Karen Kwiatkowski :] Non. Et non seulement je ne l’ai pas vu, mais personne ne l’a vu, parce qu’il n’était tout simplement pas là ! Et tout le monde… enfin, je ne peux pas dire « tout le monde »… Certaines personnes étaient très inquiètes. Pour certains civils et militaires qui travaillaient au Pentagone, cet événement a été un véritable choc, et les portables ne fonctionnaient pas. Je ne sais pas si c’est pour cette raison – on a dit qu’il y avait trop de gens qui avaient essayé de communiquer en même temps. En tout cas, nous n’avons pas eu de réseau mobile aux alentours du Pentagone pendant un bon moment.
Les gens étaient inquiets pour leur propre sécurité. Je pense qu’il régnait une grande peur. Mais ça suscite aussi beaucoup de curiosité et je pense que beaucoup de gens ont regardé. C’est exactement ce qu’on appelle « la curiosité malsaine », n’est-ce pas ? On regarde quand l’accident se produit, on ne peut tout simplement pas détourner le regard de cet accident. Alors nous avons regardé. Et il n’y avait aucun débris d’avion que quiconque aurait pu identifier. J’ai certes vu des objets qui ressemblaient à des pièces automobiles ou quelque chose du genre. Quelques objets étranges qui n’auraient pas dû se trouver sur la pelouse. J’avais alors environ 40 ans, mais quand j’avais entre 20 et 30 ans, il y avait sans cesse des émissions de télévision consacrées aux accidents d’avion.
[Kla.TV:] Oui.
[Karen Kwiatkowski :] Et on voyait alors de nombreuses épaves d’avions, que soit dans l’eau, au sol, dans des collisions en airs ou ailleurs. On voyait toujours des bagages traîner par terre, ainsi que des objets légers, des pièces de l’avion qui sont très légères, car un avion de ligne est bien sûr conçu pour avoir un poids réduit. Ici, au Pentagone, on n’en voyait aucune trace. Je n’étais pas la seule à penser qu’il n’y avait rien à voir ; tout le monde se demandait : « Où sont les débris de l’avion ? » C’est ainsi que s’est répandue cette histoire selon laquelle l’avion qui aurait percuté le Pentagone entre le premier et le deuxième étage aurait pénétré dans le bâtiment d’une manière si étrange que ses ailes se seraient repliées derrière le fuselage et qu’il aurait pénétré dans un seul et même trou.
[Kla.TV :] Ah oui, c’est vrai.
[Karen Kwiatkowski :] C’était au journal télévisé. Quand je dis ça aujourd’hui, je trouve ça ridicule, parce que ça ne marche pas comme ça. Mais c’était la version officielle, car beaucoup de gens se demandaient : « Où sont les débris de l’avion ? »
Et on disait que tout avait été aspiré dans le trou par un phénomène physique étrange et unique.
[Kla.TV:] Ce qui ne s’est pas produit aux Twin Towers, là où les ailes ont transpercé l’acier.
[Karen Kwiatkowski :] Oh mon Dieu ! Oui, oui ! Eh bien, comme j’étais bien sûr sur place, puisque j’ai personnellement assisté à une petite partie de cette journée et que je l’ai vécue… toute cette histoire m’a toujours beaucoup intéressée. C’est pourquoi j’ai suivi de près les révélations des chercheurs et d’autres personnes concernant divers aspects des attentats du 11 septembre.
Ça m’intéresse donc beaucoup. Et je peux vous dire ceci : J’ai lu le rapport sur le 11 septembre qui a été rendu public, rapport que le gouvernement a rédigé environ deux ans – 18 mois après les événements – après les faits. Et je l’ai lu. Enfin, du moins la partie qui a été rendue publique. Et celui-ci n’était pas convaincant. À ce moment-là, la plupart des gens, s’ils s’étaient même intéressés aux événements de cette journée, n’auraient pas cru ce récit. Et vous savez, même si ce rapport existe, la plupart des gens ne croient pas à la version du gouvernement. Et je ne pense pas que beaucoup d’entre eux aient été convaincus lorsqu’il a été publié – je crois que c’était en 2004 ou en 2003.
[Kla.TV:] Waouh. Et vous, en tant qu’ancien membre de l’armée de l’air, que pensez-vous du fait que le NORAD [NORAD = Commandement de la défense aérienne de l’Amérique du Nord] n’ait pas été mobilisé ? Donc, toute cette histoire de défense aérienne.
[Karen Kwiatkowski :] Oh mon Dieu, c’était… Je sais que nous manquons de temps, mais je dois vous dire que c’était un…
[Kla.TV:] Oui. Continuez. Il faut absolument qu’on entende ça.
[Karen Kwiatkowski :] C’était très étrange, car il y avait deux choses : Premièrement : l’excuse avancée était qu’il y avait eu un exercice du NORAD. Et la réalité s’est en quelque sorte immiscée, et les personnes qui participaient à l’exercice n’ont pas été capables de faire la distinction entre l’exercice et la réalité. Et ce n’est pas réaliste, d’accord ? C’est là une autre anomalie qui ne s’est produite ni avant ni après. Lorsqu’on effectue des exercices, tout est planifié et contrôlé avec une extrême précision afin de ne pas confondre la réalité avec l’exercice. Et c’est tout à fait logique du point de vue de la défense, car lorsque nous menons un exercice, il y a des ennemis qui nous observent. Y a-t-il un meilleur moment pour lancer une attaque que lorsque nos systèmes sont entièrement concentrés sur un exercice d’entraînement ? En tout cas, c’était vraiment bizarre.
Et puis, bien sûr, il y avait aussi le fait que ces avions auraient été « détournés ».
Et je crois qu’il s’agissait d’un détournement ou quelque chose comme ça. Ils ont émis le code « Squawk », un code transpondeur. J’ai oublié le code Squawk correspondant à un détournement. 7700 environ, mais ils ont envoyé le code indiquant : « Nous avons été détournés ». Et nous n’avons pas suivi la procédure standard que nous appliquons habituellement et à laquelle l’armée participe en cas d’urgence relevant de la FAA – une urgence en vol –, comme par exemple lors d’un détournement d’avion. Cette consigne n’a pas été respectée le 11 septembre. Cela n’a pas été respecté du tout, ce qui est très étrange. Et je vais te donner un exemple de quelque chose qui m’a vraiment marquée :
Quelques années avant le 11 septembre, un jet privé, un avion d’affaires, avait décollé de Floride et devait atterrir quelque part dans le Midwest. À bord de ce jet privé se trouvaient un golfeur célèbre, des membres de sa famille et d’autres personnes. Il semblerait que l’avion ait dépassé une certaine altitude et que, pour une raison quelconque, l’alimentation en oxygène ait été coupée. Le système d’oxygène a cessé de fonctionner et tous les passagers – l’avion volait en mode pilote automatique – sont morts par manque d’oxygène. Et ils n’ont pas lancé d’avertissement du genre : « Hé, je crois qu’on a un problème avec l’oxygène. » Ils n’ont rien fait. Ils sont tout simplement morts dans l’avion. Il volait en pilote automatique. Et aussitôt – alors qu’il n’avait même pas encore quitté l’espace aérien de la Floride –, il était déjà escorté par la Garde nationale de Floride. Celle-ci l’a remis aux Gardes nationales de Géorgie et d’Alabama. Et celles-ci l’ont à leur tour remis à la Garde nationale du Nebraska. Il a finalement été remis aux Gardes nationales du Dakota du Sud et du Dakota du Nord. Ils ont suivi cet avion tout au long de son trajet à travers le Midwest. Les pilotes de chasse étaient là-haut et regardaient à l’intérieur du cockpit. Ils ont dit : « On dirait que les gens dorment. Nous pensons qu’ils sont morts. Nous ne savons pas. Personne ne réagit. Et les gens sont affalés sur leurs sièges. » Ils ont pu le constater. Ils se sont approchés suffisamment pour s’en rendre compte. Et ils ont escorté ce jet privé jusqu’à ce qu’il soit à court de carburant – je crois que c’était dans le Dakota du Nord ou du Sud – et qu’il s’écrase. Quand on réfléchit à ce qu’ils font avec un petit jet privé qui s’est écarté de son plan de vol, on a du mal à imaginer que de telles mesures n’aient pas été prises le 11 septembre. Pourquoi ne l’avons-nous pas fait ? Bonne question. Je ne sais pas du tout pourquoi nous ne l’avons pas fait, mais c’est bien réel.
C’est un aspect qui incite notamment un membre de l’armée de l’air à vouloir en savoir plus sur ce que nous avons réellement fait là-bas et à se demander si nous avons réellement joué un rôle dans toute cette affaire. Quoi qu’il en soit, c’est intéressant.
[Kla.TV:] Waouh, c’est vraiment intéressant !
[Karen Kwiatkowski :] Oui, c’est vraiment intéressant. Et puis, rien de comparable ne s’est produit depuis. Une telle chose ne s’est donc jamais produite, ni avant le 11 septembre, ni après. Nous n’avons plus rien vu de semblable. Nous suivons nos procédures habituelles. Si un avion s’écarte de sa route, ou en cas d’urgence aérienne, nous intervenons immédiatement. En fait, ce n’est pas grand-chose. C’est une question de procédure. C’est donc très étrange. Le 11 septembre… C’est presque comme si cette journée entière s’était déroulée sur une autre planète, où règnent d’autres règles, ce qui est très étrange.
[Kla.TV:] Waouh. Malheureusement, notre temps est écoulé, Karen, mais cette discussion a été très instructive.
C’était vraiment, vraiment intéressant de vous entendre parler de cela – de première main et forte de toute votre expérience –, c’est pourquoi nous espérons vous accueillir à nouveau très bientôt.
[Karen Kwiatkowski :] D’accord. Super.
[Kla.TV:] Oui, tout à fait.
[Karen Kwiatkowski :] Oui. [Kla.TV :] Tout cela corrobore donc clairement l’idée selon laquelle le 11 septembre semble bel et bien avoir été une opération sous faux pavillon. Et je vous suis très reconnaissant d’avoir pris la parole, d’avoir fait part de votre témoignage au grand public.
[Kla.TV :] Déjà à l’époque, en 2003, et le fait que vous l’ayez partagé avec le monde entier.
Auriez-vous quelques mots pour conclure ? Où les gens peuvent-ils trouver vos œuvres, vous suivre et voir ce que vous partagez en ce moment ?
[Karen Kwiatkowski :] Oui, oui, j’écris sur lewrockwell.com depuis 25 ans.
Il y a quelques années, j’ai créé un compte Substack. Il suffit de rechercher mon nom, Karen Kwiatkowski, sur Substack. Et tout ce que j’écris finit là. On y trouve d’ailleurs aussi, quelque part, un lien vers mes anciens textes. Je suis libertaire. J’écris beaucoup sur les empires et la guerre, beaucoup sur la politique étrangère, mais aussi, de temps à autre, sur des sujets de politique intérieure. Je ne sais pas quelle valeur ça a, mais j’ai mon propre point de vue et j’invite les gens à s’abonner à Substack. Tout est gratuit. Ce n’est pas à but lucratif. Si vous voulez voir ce que j’écris, vous pouvez vous rendre sur https://karenkwiatkowski.substack.com/ et vous y inscrire. C’est très simple. De plus, je participe régulièrement à quelques podcasts. Pour moi, ce n’est qu’un petit boulot. Ce n’est pas mon métier ni rien de ce genre. En fait, je suis agricultrice.
[Kla.TV:] Cool. On élève des bovins, des moutons, entre autres…
[Kla.TV:] Très bien.
[Karen Kwiatkowski :] Oui.
[Kla.TV :] Oui, Kla.TV aussi est notre activité secondaire, et nous vous inviterons très certainement à nouveau, Karen. C’était vraiment sympa, merci d’être venue. [Karen Kwiatkowski :] Au revoir.
de dag.
Sources/Liens : Lt Col. Karen Kwiatkowski – L’interview perdue : La lanceuse d’alerte qui a tenté d’empêcher une guerre https://www.youtube.com/watch?v=bgqLURDtOO4
Publications de Karen Kwiatkowski : https://karenkwiatkowski.substack.com/
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