Chlordécone : l’urgence absolue de la dépollution des terres antillaises, un enjeu sanitaire, environnemental et démocratique
Mobilisation à l’attention des populations ultramarines et de l’Hexagone
Les populations de Guadeloupe et de Martinique font face, depuis plusieurs décennies, à une pollution durable de leurs terres, de leurs eaux et de leur environnement, causée par l’utilisation massive du chlordécone, un pesticide aujourd’hui reconnu comme hautement toxique, cancérogène et extrêmement persistant. Cette situation constitue l’un des plus graves scandales environnementaux et sanitaires de l’histoire contemporaine française.
La question centrale n’est plus celle du constat, désormais largement documenté, mais celle de la dépollution effective des terres et de la responsabilité de l’État. Des milliers d’hectares demeurent contaminés, limitant l’agriculture vivrière, fragilisant l’autonomie alimentaire, entravant le développement économique local et exposant durablement les populations à des risques sanitaires avérés.
Le chlordécone : une pollution connue, tolérée et prolongée
Le chlordécone est un insecticide organochloré utilisé principalement dans les bananeraies antillaises à partir des années 1970 afin de lutter contre le charançon du bananier. Dès avant son autorisation en France, ses effets toxiques sont pourtant connus de la communauté scientifique internationale. Aux États-Unis, le produit est interdit dès 1976 à la suite d’un scandale sanitaire majeur impliquant des ouvriers exposés à de fortes doses.
Malgré ces alertes précoces, l’État français autorise l’usage du chlordécone en Guadeloupe et en Martinique jusqu’en 1993, y compris par le biais de dérogations après son interdiction officielle en métropole. Cette décision, prise en connaissance de cause, visait à préserver les intérêts économiques de la filière banane, au détriment de la santé publique et de l’environnement.
Le caractère exceptionnellement persistant du chlordécone aggrave encore la situation : cette molécule peut demeurer active dans les sols pendant plusieurs siècles, se diffuser dans les nappes phréatiques, contaminer les rivières, les zones littorales et l’ensemble de la chaîne alimentaire.
Des territoires durablement contaminés
Aujourd’hui, une part significative des terres agricoles antillaises est classée comme contaminée. De nombreuses parcelles sont impropres à certaines cultures, tandis que la pêche est soumise à des restrictions strictes dans plusieurs zones maritimes. Cette pollution structurelle affecte directement l’économie locale, l’emploi agricole, la souveraineté alimentaire et le rapport même des populations à leur territoire.
Les conséquences sanitaires sont tout aussi préoccupantes. Les études épidémiologiques montrent que plus de 90 % des habitants de Guadeloupe et de Martinique présentent des traces de chlordécone dans le sang. Les Antilles françaises affichent l’un des taux de cancer de la prostate les plus élevés au monde, avec des liens scientifiquement établis entre l’exposition au chlordécone et des troubles neurologiques, hormonaux, reproductifs et du développement chez l’enfant.
Cette contamination ne relève donc pas d’un risque hypothétique, mais d’une exposition massive, chronique et documentée.
L’enjeu central : la dépollution des sols
Face à ce constat, la dépollution des terres contaminées constitue un impératif absolu. Or, malgré plusieurs plans gouvernementaux successifs, les actions engagées restent largement insuffisantes au regard de l’ampleur du désastre.
Des solutions techniques existent ou sont en cours de développement : confinement des sols, phytoremédiation, excavation ciblée, traitements innovants fondés sur la recherche scientifique. Leur déploiement nécessite toutefois une volonté politique claire, des financements à la hauteur des enjeux et une stratégie de long terme.
Ne pas engager une politique ambitieuse de dépollution revient à entériner une pollution permanente, à accepter l’inégalité territoriale et à condamner durablement les populations à vivre sur des terres dégradées.
Une responsabilité pleine et entière de l’État
L’État français ne peut se soustraire à ses obligations. Il lui incombe légalement et moralement de protéger la santé des populations, de prévenir les risques sanitaires et de garantir un environnement sain. Laisser des terres contaminées sans perspective réelle de dépollution constitue une exposition prolongée à un danger connu.
Fondements juridiques
Cette responsabilité s’appuie notamment sur :
- Article 1 de la Charte de l’environnement (2004) : « Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé. »
- Article 2 de la Charte de l’environnement : devoir de préservation et d’amélioration de l’environnement.
- Article 5 – Principe de précaution : obligation d’agir face à un risque de dommage grave et irréversible.
- Article L.110-1 du Code de l’environnement : principes de prévention, de réparation et de protection de la santé humaine.
- Article L.1311-1 du Code de la santé publique : prévention des risques sanitaires.
- Article 223-1 du Code pénal : mise en danger délibérée de la vie d’autrui.
Réparation, justice et transparence
Au-delà de la dépollution, les populations antillaises demandent la reconnaissance pleine et entière des préjudices subis. Cela implique des réparations sanitaires, économiques et sociales, un suivi médical renforcé et pérenne, ainsi qu’une transparence totale sur les décisions passées et les responsabilités engagées.
Il ne s’agit pas uniquement de réparer les dommages, mais de restaurer la confiance, la dignité et l’égalité entre les territoires de la République.
Une crise toujours en cours
La pollution au chlordécone n’appartient pas au passé. Elle constitue une crise sanitaire, environnementale et juridique toujours en cours. Tant que la dépollution des terres ne sera pas engagée de manière ambitieuse, l’exposition des populations se poursuivra.
Ne pas agir, ou agir insuffisamment, revient à accepter une situation contraire au droit, à la justice et aux principes fondamentaux de la République.
L’exigence d’une action à la hauteur
La dépollution des terres antillaises contaminées au chlordécone est une exigence de santé publique, de justice environnementale et de responsabilité démocratique. L’État français a l’obligation d’agir, pleinement et durablement.
Il n’y a plus de place pour l’inaction ni pour les demi-mesures.
La question du chlordécone engage désormais bien plus que la seule gestion d’un héritage environnemental : elle constitue un test majeur de la capacité de l’État à assumer ses responsabilités face à une pollution qu’il a autorisée, prolongée et insuffisamment réparée. À ce stade, l’inaction ou les réponses partielles ne peuvent plus être justifiées par la complexité technique ou la temporalité scientifique.
La dépollution des terres antillaises ne relève ni d’un geste symbolique ni d’une option budgétaire parmi d’autres. Elle s’impose comme une exigence de santé publique, une obligation juridique et un impératif démocratique. Refuser d’y consacrer les moyens nécessaires revient à accepter une inégalité territoriale durable et à exposer consciemment des populations entières à des risques sanitaires identifiés.
Engager une politique ambitieuse de dépollution, c’est également investir dans l’avenir : restaurer les capacités agricoles, renforcer l’autonomie alimentaire, sécuriser les filières économiques locales et redonner aux habitants la maîtrise de leur territoire. C’est, enfin, reconnaître que la justice environnementale est indissociable de la cohésion nationale.
L’histoire du chlordécone ne pourra être close ni par le temps ni par l’oubli. Elle ne le sera que par une action résolue, transparente et à la hauteur du préjudice subi. La République ne peut durablement se construire sur des terres contaminées et des responsabilités éludées. Agir n’est plus une option : c’est désormais une obligation.
ACTION
Dépôt de plainte en ligne – Pollution au chlordécone
Information à destination du public et de la population
Chaque citoyenne et chaque citoyen a le droit de saisir la justice lorsqu’il estime que des faits graves portent atteinte à la santé publique, à l’environnement ou à la sécurité des personnes.
La pollution durable des sols par le chlordécone en Guadeloupe et en Martinique constitue une situation exceptionnelle par sa gravité, sa durée et ses conséquences sanitaires. Cette exposition prolongée à une substance reconnue comme hautement toxique et persistante soulève des questions sérieuses de responsabilité pénale, notamment au regard de la mise en danger de la vie d’autrui et du non-respect des obligations de protection de la santé publique.
⚖️ Qui peut déposer plainte ?
Toute personne peut déposer plainte :
- habitant(e) des Antilles ou non,
- victime directe ou indirecte,
- citoyen(ne) estimant que des faits susceptibles de constituer une infraction pénale doivent être portés à la connaissance de la justice.
Il n’est pas nécessaire d’être juriste, ni de fournir des preuves techniques à ce stade.
📝 Comment déposer plainte en ligne ?
L’État met à disposition un service officiel de pré-plainte et de signalement en ligne, accessible à tous.
👉 Lien officiel pour déposer plainte ou signaler les faits en ligne :
https://plainte-en-ligne.masecurite.interieur.gouv.fr
Ce service permet :
- de transmettre un signalement ou une plainte au Procureur de la République,
- de décrire les faits avec vos propres mots,
- d’exercer votre droit citoyen en toute légalité.
Informations pratiques importantes
- Vous pouvez reprendre librement le modèle de plainte mis à disposition (lettre type) ou rédiger votre propre texte.
- Aucune pièce jointe technique n’est obligatoire pour un dépôt initial.
- Une copie de pièce d’identité peut être demandée selon le mode de dépôt.
- Chaque plainte est individuelle, même si le modèle est commun.
- Le fait que de nombreuses plaintes similaires soient déposées renforce la prise en compte du dossier par le parquet.
Une démarche citoyenne et légale
Déposer plainte ne signifie pas accuser personnellement, mais demander à la justice d’enquêter.
C’est un acte citoyen, pacifique et conforme au droit, qui participe à la défense de :
- la santé publique,
- l’environnement,
- l’égalité entre les territoires,
- et le respect des principes fondamentaux de la République.
La justice ne peut agir que si elle est saisie.
Chacun peut contribuer, à son niveau, à faire reconnaître la gravité de cette situation.
Modèle de dépôt de plainte – version publique
Modèle WORD
Modèle PDF
⚖️ Tribunaux compétents – Affaire du chlordécone
(Adresses officielles pour dépôt de plainte)
🏝️ Outre-mer – Antilles Guyane françaises
Guadeloupe
Tribunal judiciaire de Pointe-à-Pitre
📍 Palais de Justice
Boulevard de la Pointe Jarry
97110 Pointe-à-Pitre
Guadeloupe
Guyane
Tribunal judiciaire de Cayenne
📍 6 boulevard de l’Habitation
97300 Cayenne
Guyane française
Martinique
Tribunal judiciaire de Fort-de-France
📍 Palais de Justice
35 boulevard du Général de Gaulle
97200 Fort-de-France
Martinique
🇫🇷 Compétence nationale – Affaires sanitaires et environnementales majeures
Paris – Pôle de santé publique (hautement recommandé)
Tribunal judiciaire de Paris
📍 Parvis du Tribunal de Paris
75017 Paris
France
➡️ Tribunal prioritaire recommandé pour :
- atteintes graves à la santé publique,
- pollutions environnementales de grande ampleur,
- dossiers impliquant l’État ou une responsabilité institutionnelle.
| En savoir plus | Les Îles Unies |
|---|---|
| Lire l’action | Voir sur TikTok |
| Obligatoire | Les preuves de dépôt de plainte et le retour des talons d’accusé de réception (AR) doivent être transmis directement via cette plateforme : Formulaire Google |
| Contact | 📧 lesilesunies@gmail.com |
Recommandation claire au public
👉 Trois options légales (au choix du citoyen) :
- Tribunal judiciaire de Paris (le plus stratégique)
- Tribunal judiciaire de Guadeloupe, Guyane ou Martinique
📌 Toute plainte est recevable : le Procureur se chargera, si nécessaire, de transmettre le dossier à la juridiction spécialisée compétente.
🧾 Phrase type à insérer dans les plaintes
« La présente plainte est adressée au Procureur de la République territorialement compétent, lequel pourra, le cas échéant, se dessaisir au profit du parquet spécialisé compétent, notamment le pôle de santé publique du Tribunal judiciaire de Paris. »
Source : OMDMEDALD



