HAÏTI – Rentrée scolaire : les déplacés de Carrefour-Feuilles expriment leurs inquiétudes

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Par Jonasson Odigène / Journaliste à le nouvelliste

Des déplacés des quartiers de Carrefour-Feuilles, victimes des attaques des bandits de Gran Ravin expriment leur inquiétude par rapport à la réouverture des classes qui s’approche. Lors d’une tournée effectuée le jeudi 7 septembre 2023 dans plusieurs établissements scolaires et dans d’autres espaces servant d’abris aux déplacés, responsables de centres et parents d’enfants présents sur les sites ont exprimé leur doute quant à cette rentrée scolaire.

Le lycée Marie-Jeanne accueille près de 5 700 déplacés dont 1 800 enfants. C’est l’un des sites accueillant le plus de déplacés. À l’approche de la réouverture des classes prévue pour le 11 septembre prochain, le responsable de ce centre n’y croit pas. « La date du 11 septembre est maintenue mais à ma connaissance, jusqu’ici aucune disposition n’a été prise pour faciliter cette rentrée », commente le prénommé Grégoire, responsable du centre logé au lycée Marie-Jeanne, qui se dit enseignant au lycée du Cent-Cinquantenaire (Lycée des jeunes filles). 

« La réouverture des classes c’est l’affaire de l’État. Que va  faire l’État pour faciliter la réouverture des classes ? S’il est vrai que cette rentrée est maintenue, je pense qu’il devrait y avoir un travail au préalable pour recenser le nombre d’élèves et de professeurs affectés par la situation à Carrefour-Feuilles. D’un autre côté, que fera-t-on des déplacés qui occupent les établissements scolaires ? », s’interroge le responsable de ce centre de déplacés.

Dans la cour du lycée Marie-Jeanne, bancs, chaises et autre matériel du mobilier scolaire sont entassés. Ils ne sont pas à l’abri du soleil ni de la pluie. Dans des salles de classe, certains de ce matériel servent de meubles aux familles qui y sont logées.

Joël Clergé fait partie des personnes réfugiées au lycée Marie-Jeanne. Enseignant dans une école privée de Carrefour-Feuille, cet ancien résident de Sico est également père de deux enfants. L’aîné âgé de 16 ans est en classe de Secondaire I au lycée de Carrefour-Feuilles, le cadet quant à lui vient d’être admis en 7e AF à l’Eden School de Carrefour-Feuilles. « Si la rentrée des classes est maintenue pour le 11 septembre, il se peut que mes enfants n’aillent pas à l’école cette année. Je ne sais pas quelle est la situation de l’Eden School en ce moment, mais pour ce qui est du lycée de Carrefour-Feuilles les personnes qui se sont réfugiées dans ces locaux ont été contraints de fuir », fait-il remarquer.

Devant cette situation, M. Clergé appelle l’État à prendre ses responsabilités. « Si nous sommes dans cette situation, l’État en est responsable. Donc à l’État de nous donner les moyens pour accompagner nos enfants pour la rentrée des classes », tranche Joël Clergé.

À l’angle de la rue Capois et de la rue Nicolas, dans les bâtiments logeant les écoles nationales Célie Lilavois et République du Brésil, le constat n’est pas différent. Les enfants jouent dans la cour ; les parents, les uns s’adonnent à leurs tâches quotidiennes, les autres sont dans les salles de classe leur servant de chambres. Dans ce centre, 739 déplacés y vivent. Des enfants, les responsables du centre disent compter 213 des deux sexes. Dans une salle de classe, Guerdie Antoine, mère de 5 enfants, est assise dans un coin. « Je ne suis pas préoccupée par la réouverture des classes, dit-elle. J’ai confié quatre de mes enfants à des familles vivantes à Jérémie et aux Cayes. J’espère qu’ils se seront scolarisés », soupire-t-elle.

Source : Le nouvelliste

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Bondye Abraram bay pèp ayisyen fòs epi pwoteje pitit ou yo epi prezan avèk yo.
Mwen beni w papa mwen Nzambe